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Les reconversions professionnelles dans la recomposition
de l’accompagnement à l’installation en agriculture 

Cécile Gazo[1]

Cette contribution propose une analyse des dynamiques institutionnelles et organisationnelles autour du soutien et de l’accompagnement à l’entrée dans le métier d’agriculteur ou d’agricultrice. Pour ce faire, elle prend pour porte d’entrée le constat de la hausse du nombre de candidats et candidates à l’installation en reconversion professionnelle vers l’agriculture (Muller, 2009 ; Paranthoën, 2014 ; D’allens et Leclair, 2016 ; Autard, 2017) et s’inscrit dans un travail doctoral relatif à la multiplication des initiatives volontaires de soutien à l’installation, multiplication qui s’est accentuée au début des années 2010. En effet, la question des profils, de l’origine et des projets des nouvelles personnes candidates à l’installation plonge le monde agricole, ses organisations comme les pouvoirs publics, qui sont dépendants de leurs relations avec le monde professionnel et associatif, dans un certain malaise.‬‬ Cette multiplication des initiatives de soutien à l’installation nous intéresse plus particulièrement en ce qu’elle révèle des évolutions majeures dans la manière d’accompagner à l’entrée dans les métiers alors que les voies de reproduction de la profession agricole étaient jusque-là principalement endogènes et l’entrée dans le métier d’agriculteur pensée comme le résultat de transmissions intergénérationnelles (Barthez, 1982 ; Champagne, 1986, 2002).‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Nous entendons par initiatives volontaires l’ensemble des dispositifs de soutien et d’accompagnement à l’installation en agriculture portés par différents types d’organisations (associations, entreprises, coopératives, espaces tests, collectivités territoriales) qui ne relèvent pas de l’action de de l’Etat, ni des Conseils régionaux ni des organisations professionnelles agricoles, ni des associations paysannes. Ces organisations professionnelles et associatives historiquement positionnées sur l’accompagnement et le soutien à l’installation en agriculture sont principalement les chambres d’agriculture, le syndicat des Jeunes agriculteurs, des associations qui se réclament de l’agriculture paysanne (ADEAR[2], CIVAM[3], Terre de Liens, etc.). Les acteurs à l’origine d’initiatives volontaires s’en démarquent principalement par leur forme institutionnelle, parmi lesquelles l’entreprise privée. Les résultats présentés s’appuient sur une enquête empirique menée auprès de salarié∙es, de représentant∙es élu∙es ou de dirigeant∙es de l’ensemble de ces organisations, bien établies comme émergentes. Ils s’ancrent dans la littérature relative à la sociologie des problèmes publics (Céfaï et Terzi, 2012 ; Gusfield, 2009 ; Neveu, 2015), de la professionnalisation de l’accompagnement (Paul, 2002) et de l’accompagnement à la création d’entreprise (Darbus, 2008). Nous interrogeons donc les représentations et les pratiques des acteurs impliqués dans l’accompagnement de nouveaux profils de personnes en reconversion professionnelle candidates à l’installation en agriculture à partir de l’analyse d’une quarantaine d’entretiens semi-directifs spécifiquement conduits auprès d’acteurs de l’accompagnement à l’installation (chambres consulaires, syndicats, associations, coopératives, start-up), auprès des pouvoirs publics ainsi que sur des dizaines d’observations participantes dans des réunions et groupes de travail réunissant différents types d’acteurs[4]. Le cœur de notre propos porte sur les représentations qu’ils ont de ces profils en reconversion professionnelle et sur l’influence qu’ont ces représentations sur les évolutions des pratiques d’accompagnement à l’insertion dans les métiers. Il s’agit de montrer ici comment l’accompagnement à l’installation en agriculture, et plus particulièrement l’enjeu des reconversions professionnelles, est considéré et pris en charge par une nébuleuse d’acteurs publics comme privés qui oscillent entre défiance mutuelle, concurrence et coopération. Pour cela, nous illustrons deux phénomènes associés aux enjeux que représentent l’insertion professionnelle de profils longtemps jugés « atypiques », aussi du fait des dimensions économiques[5] et/ou agronomiques[6] de leur projet, mais qui tendent à se banaliser. Dans une première partie nous cherchons à comprendre qui sont ces acteurs qui œuvrent auprès des candidat∙es à l’installation et comment ils repensent les pratiques autour du conseil et de l’accompagnement dans l’entrée dans les métiers, en lien avec les pouvoirs publics. Puis, dans une deuxième partie nous montrons comment l’adaptation des accompagnements aux profils de candidat∙es en reconversion professionnelle bouleverse les pratiques d’accompagnement à l’entrée dans le métier d’agriculteur ou d’agricultrice ainsi que leur financement.

1. Soutenir l’entrée dans le métier de chef d’exploitation : de nombreux acteurs publics et privés pour des profils de candidat∙es de plus en plus divers

1.1. Des politiques suppléées par de nouvelles initiatives pour répondre aux évolutions des profils de candidat∙es à l’installation

Les politiques nationale et régionales de soutien à l’installation sont anciennes[7] et font intervenir de nombreuses organisations professionnelles et associatives dans le suivi et le conseil des candidat∙es à l’installation en agriculture. A l’échelle nationale, plusieurs instruments d’action publique (Lascoumes et Galès, 2004) pilotés par le ministère de l’Agriculture encadrent l’entrée dans le métier d’agriculteur. Le premier, le programme Accompagnement à l’installation-transmission en agriculture, finance du temps d’accueil (point accueil installation), de préconisation (centre d’élaboration du projet professionnel personnalisé) et d’information (stage de 21h) ainsi que différents diagnostics d’exploitation à destination des candidat∙es à l’installation. Plusieurs organisations professionnelles sont impliquées dans sa mise en œuvre. A titre d’exemple, l’Etat labellise dans chaque département une organisation pour accueillir et informer les personnes qui souhaitent s’installer en agriculture dans les Points accueil installation (PAI). Ces points, qui prennent la forme de rendez-vous collectifs ou individuels, sont majoritairement assurés par les chambres départementales d’agriculture et le syndicat des Jeunes agriculteurs[8]. Le deuxième, historiquement plus ancien, est la Dotation jeune agriculteur (DJA). Il s’agit d’une subvention de plusieurs dizaines de milliers d’euros versée par l’Etat, cofinancée par l’Union européenne pour des installations dont les dirigeant∙es respectent un certain nombre de critères (âge, diplôme, viabilité économique du projet). Les chambres d’agriculture ont, dans le cadre d’une délégation de missions de service public, la charge de réaliser la pré-instruction des dossiers. Le syndicat des Jeunes agriculteurs est consulté lors des différentes réformes des principaux instruments de la politique publique de soutien à l’installation.

Les associations promouvant l’agriculture paysanne, quant à elles, sont davantage reconnues et soutenues par les collectivités territoriales, comme les conseils régionaux, lesquels peuvent financer une partie de leurs actions d’accompagnement dans le cadre d’instruments d’action publique régionaux qui se surajoutent aux instruments étatiques.

La nébuleuse d’acteurs impliqués dans les instruments d’action publique nationaux et régionaux peut être considérée comme un champ institutionnel et organisationnel (DiMaggio et Powell, 1983) polarisé et structuré autour de deux grandes catégories d’acteurs rivaux dans leurs représentations du métier d’agriculteur (cf. figure 1).

Les acteurs que l’on peut qualifier de « traditionnels », comme les chambres d’agriculture, sont très liés au courant syndical JA-FNSEA[9], et les acteurs dits « alternatifs », le pôle InPACT[10], sont des associations davantage affiliées à la Confédération paysanne. Ce courant syndical et ces associations sont plus récentes et se sont constituées en réaction à l’hégémonie des modèles d’exploitation qu’elles qualifient de productivistes et qui sont promus par les organisations professionnelles traditionnelles. Cette opposition syndicale est notamment marquée par des représentations différentes des profils non issus du monde agricole, différences qui tendent à s’estomper avec la part croissante de ces derniers mais qui sont toujours perçues comme clivantes. Les profils de personnes en reconversion professionnelle ont, par exemple, pu être considérés comme atypiques dans le paysage agricole traditionnel par les projets davantage tournés vers le développement rural qu’ils portaient. Au contraire, les associations paysannes construisent depuis la fin des années 1980 une offre de service très adaptée à ces profils qu’elles considèrent comme porteurs d’une autre vision de l’agriculture. En effet, ces associations se sont emparées précocement de la question de l’accompagnement des personnes non issues du milieu agricole qui ont souvent des projets de petite envergure recourant à la pluriactivité tout autant qu’ils sont diversifiés et tournés vers d’autres secteurs d’activité comme l’accueil et la transformation à la ferme (Muller, 2009).

Les évolutions des profils des candidat∙es à l’installation n’échappent donc pas aux jeux politiques autour de la définition de « la bonne installation » dans ce qui s’apparente aux « arènes publiques » de la sociologie des problèmes publics (Cefaï, 1996, 2016) : chaque pôle défend médiatiquement des figures d’agriculteurs (l’agriculteur-professionnel vs l’agriculteur-paysan). Cette définition, qui n’est pas sans lien avec les représentations de ce que devrait être l’identité même d’un agriculteur ou d’une agricultrice, est associée à la défense d’une certaine conception du problème public lié aux enjeux du non-renouvellement des générations et des actifs. Si tout le monde s’accorde à penser qu’il faut installer davantage pour répondre aux enjeux démographiques posés par la crise du renouvellement des actifs en agriculture (Purseigle et Hervieu, 2022), toutes et tous ne sont pas d’accord sur les profils et les projets à soutenir ou sur la manière de le faire. En effet, en creux de leurs actions à destination des candidat∙es à l’installation, l’ensemble des acteurs en présence promeuvent chacun et de manière plus ou moins explicite un modèle d’agriculture et une identité pour le corps professionnel des agriculteurs et agricultrices. La sociologie rurale a largement documenté les enjeux politiques associés au soutien des profils ne s’installant pas dans un cadre familial (Ourliac, 1994 ; Rémy, 1987, 1997 ; Gillet, 2003). ‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Un autre élément de nature à complexifier les jeux d’acteurs relatifs à l’accompagnement des personnes en reconversion professionnelle est à prendre en considération. Depuis les années 2010, des acteurs privés, non affiliés aux deux pôles mentionnés précédemment, ont fait leur apparition et proposent, eux aussi, de nouvelles façons d’accompagner l’insertion dans le métier d’agriculteur. Ce sont par exemple les start-ups ou les entreprises comme La Ceinture verte, Fermes en Vie ou Hectar, mais aussi les espaces-tests (réseau RENETA[11]) et le réseau Initiative France. Ils ont la particularité d’exacerber la dimension entrepreneuriale du métier d’agriculteur (figure de l’agriculteur-entrepreneur). Cette évolution peut se lire comme une opportunité saisie par certains acteurs pour « dépolitiser » l’insertion dans les métiers et l’extraire des conflits historiques portant sur les modèles promus. C’est le cas par exemple quand le critère de sélection d’un bon « projet » d’entreprise relève non plus du profil du ou de la candidat∙e à l’installation (sexe, origine agricole, diplôme, âge, patrimoine, etc.) mais de la qualité de son plan d’entreprise. Cela marque un tournant progressif dans les manières d’accompagner où les notions d’entrepreneuriat et de projet professionnel personnel appliquées à la création d’activité en agriculture deviennent incontournables (réalisation d’un plan d’entreprise exigée, étude de marché recommandée).‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Les nouveaux acteurs qui se positionnent et proposent des aides ou de l’accompagnement, initialement en nombre restreint, sont donc aujourd’hui de plus en plus nombreux et défendent leurs représentations des modèles agricoles à soutenir. Ils ont leurs conceptions des bonnes méthodes de suivi et d’accompagnement à mettre en œuvre mais aussi et surtout des projets à soutenir. Par ailleurs, on observe empiriquement un décalage entre l’appellation « accompagnement » et la rigidité du dispositif public de soutien qui, bien qu’il soit régulièrement réformé[12], peine à s’adapter aux évolutions des profils de candidat∙es à l’installation et à leur diversité. Ces tensions ont pour conséquence deux phénomènes que nous allons détailler ci-après. Ce sont d’une part celui de l’extension et la généralisation d’un marché de l’accompagnement et d’autre part celui d’un accroissement du « bricolage » (réponse à des appels à projet, prestations, etc.) nécessaire pour accéder aux ressources nécessaires au bon fonctionnement des organisations qui œuvrent au soutien et à l’accompagnement des candidat∙es à l’installation. L’essor du nombre de candidat∙es extérieur∙es au monde agricole, que les organisations professionnelles agricoles ont jusque-là eu du mal à reconnaître et conseiller, a eu des répercussions majeures sur le contenu des politiques publiques.

Figure 1 : Acteurs impliqués dans la mise en œuvre d’initiative de soutien à l’installation

1.2. D’un instrument de politique publique national unique à l’apparition d’un marché de l’accompagnement : des politiques publiques fragmentées

Avec l’instauration du programme public Accompagnement à l’installation-transmission en agriculture en 2014, l’accompagnement global à la création d’activité en agriculture et non plus son seul soutien financier, semble être devenu un enjeu majeur des politiques publiques en faveur du soutien à l’installation en agriculture. Toutefois, si la dénomination du programme mentionne explicitement la question de l’accompagnement, sur le terrain, les choses n’ont pas évolué si rapidement. Concrètement, si on se concentre sur les pratiques des acteurs labellisés par l’Etat pour tenir les points accueil installation (chambres d’agriculture et Jeunes agriculteurs), cet accompagnement paraît difficile à mettre en place pour deux raisons. Premièrement du fait des habitudes de travail développées avant l’essor des profils en reconversion professionnelle dans le réseau consulaire, et deuxièmement du fait des relations de travail conflictuelles voire inexistantes entre les différents acteurs traditionnels et alternatifs, acteurs que les pouvoirs publics peinent à coordonner. La formation des « accompagnateurs et accompagnatrices », plus souvent dénommé∙es « conseillers et conseillères » notamment dans les chambres d’agriculture apparaît pour les nouvelles initiatives volontaires comme cruciale pour pouvoir s’adapter au mieux aux attentes des personnes qui se présentent à elles dans le cadre du parcours public de soutien à l’installation[13].

Par ailleurs, c’est notamment face à l’inertie des dispositifs publics qui sont, depuis la fin des années 1980, la cible de critiques quant à leur sélectivité et à leur « enfermement » dans des modèles d’exploitation qui connaissent aujourd’hui des difficultés économiques (en lien notamment avec l’endettement ou la faible maîtrise de la chaîne de valeur) et à leur incapacité à répondre à tous les profils de candidat∙es à l’installation que les initiatives volontaires « alternatives » et « entrepreneuriales » citées précédemment ont vu le jour. En s’autonomisant des circuits traditionnels du financement des organisations agricoles et en ne relevant pas ou peu des politiques publiques agricoles, les nouvelles initiatives volontaires semblent constituer aujourd’hui ce qui relève d’un marché de l’accompagnement en ce qu’elles cherchent à attirer à elles des candidat∙es à l’installation pour leur offrir des services marchands. Les modèles économiques des initiatives les plus entrepreneuriales sont en rupture avec le service public encadré par les pouvoirs publics qui subventionnent largement l’offre d’accompagnement des acteurs traditionnels, service public auquel avaient tenté de se greffer, par un travail de légitimation, les associations de l’agriculture paysanne. De plus, les organisations qui proposent ces nouvelles offres d’accompagnement n’émanent plus nécessairement du monde agricole. Elles trouvent leurs origines dans les secteurs de l’économie sociale et solidaire ou de l’entrepreneuriat et proposent des accompagnements parfois « novateurs » pour le monde agricole, qui relèvent souvent de pratiques importées d’autres secteurs d’activité.

La remise en question des instruments publics d’accompagnement est visible dans les discours et la mise en œuvre d’initiatives et d’instruments complémentaires. En effet, il n’est pas rare que les critères restrictifs de l’instrument public soient supprimés (limite d’âge, niveau de qualification, objectifs économiques) au profit d’un recentrage sur le projet et ses ambitions en matière de préservation des milieux, de création d’emploi et de valeur. Les organisations les plus anciennes sont donc « bousculées » par l’émergence de nouveaux acteurs qui ont des formes institutionnelles et des pratiques nouvelles.

En parallèle, comme dans d’autres secteurs d’activité, on constate que l’action publique autour des questions d’insertion dans l’emploi ou d’accompagnement à la création d’entreprise se recompose. On repère par ailleurs une contradiction de plus en plus frappante entre un discours politique porté sur le souhait de voir les différents acteurs travailler de concert au service des porteurs de projet quand, dans le même temps, les politiques de financement, au contraire, généralisent les approches concurrentielles quand la course à l’obtention de subventions publiques exacerbe les conflits entre les organisations professionnelles et associatives. Le recours aux labellisations par la puissance publique (Etat ou régions) devient monnaie courante. C’est le cas notamment de la labellisation des points accueil installation par les directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DFRAAF), ou le cas de certaines régions, comme Auvergne-Rhône-Alpes, qui accordent un financement aux organisations préalablement labellisées proposant des accompagnements. Ces labellisations sont des sources de conflits importantes quant à la légitimité des organisations à accompagner la pluralité des profils de candidat∙es.

2. Evolution du métier d’agriculteur et recomposition de l’accompagnement lors du lancement d’activité : du conseil au coaching

2.1. Travailler auprès des personnes qui veulent s’installer : conseil, accompagnement ou coaching ?

La notion d’accompagnement est un terme indigène revendiqué par l’ensemble des acteurs. Les pouvoirs publics attendent dorénavant des pratiques professionnelles relatives au primo-accueil des candidat∙es à l’installation qu’elles « accompagnent » explicitement les « porteurs et porteuses de projet » à réussir leur installation. Cette évolution se fonde notamment sur les dernières réformes de la formation professionnelle[14] qui concernent tous les secteurs professionnels. Selon les pouvoirs publics, elle semble être plus adaptée aux attentes et besoins spécifiques de la diversité des profils par sa dimension personnalisée. Elle est par ailleurs très commune dans le monde de l’entrepreneuriat classique, de l’insertion professionnelle et des reconversions professionnelles et répond au mouvement général d’incitation à l’auto-emploi. Elle recouvre une pluralité de situations (accompagnement technique, relation accompagnant∙e-accompagné∙e) ce qui fait dire à la chercheuse Maëla Paul qu’elle est une notion « fourre-tout » très inconfortable (Paul, 2002).

De manière générale, les acteurs chargés du conseil et de l’accompagnement ont à prendre en charge beaucoup de dimensions associées tout aussi bien aux enjeux de la reconversion professionnelle, que de l’accompagnement à la création d’entreprise en agriculture (qui présente des spécificités qu’il convient de ne pas ignorer) ou encore de l’accompagnement personnel. Les personnes en reconversion professionnelle vers l’agriculture font face à des difficultés spécifiques, différentes de celles rencontrées par les candidat∙es en reprise familiale. Il faut notamment gérer la période de transition qui peut voir le passage d’un mode de vie urbain et du salariat à une installation en milieu rural à son compte dans les trajectoires de ces personnes. En agriculture, comme ailleurs, l’injonction devient celle d’être maître de son projet professionnel. Par exemple, il devient de moins en moins acceptable d’accompagner un ou une jeune de 18 ans qui se présenterait avec ses parents dans l’optique de reprendre la ferme familiale et qui n’aurait pas de projet lui étant propre. De même, toutes et tous les candidat∙es sont davantage incité∙es à penser et maîtriser leur modèle économique en amont de l’installation alors que ce dernier pouvait auparavant être réalisé par un centre de gestion ou une autre organisation sans qu’on lui prête trop d’importance. Malgré les discours politiques portés sur l’importance de l’accompagnement personnalisé au moment de la création d’entreprise, la figure du candidat, « porteur de projet », se voulant acteur de son parcours à l’installation dans ses choix professionnels et stratégiques rencontre un instrument d’action publique d’accès au métier d’agriculteur pensé pour les transmissions intra-et extrafamiliales et qui reste encore caractérisé par son unicité et une certaine rigidité. Devant la pluralité des profils et des projets, certains conseillers et conseillères des chambres d’agriculture peuvent se sentir désemparées, notamment lorsque les projets développés par les candidat∙es à l’installation ne correspondent à aucun référentiel technico-économique, supports sur lesquels ils et elles s’appuient fréquemment pour aiguiller les individus.

« Se pose la question de la viabilité de ces systèmes-là, et aujourd’hui on n’a encore pas toutes les réponses loin s’en faut, sur la viabilité d’un système sur moins de 1ha, on constate qu’il y a certaines personnes qui arrivent à en vivre et d’autres qui n’y arrivent pas, il y a plein de paramètres qui font qu’on réussit ou pas […] C’était un défi mais c’était aussi et surtout, je dirais une volonté de la part, à la fois du groupement et de nous techniciens, d’être présents sur ce champ-là, d’abord pour arriver à connaître et à mieux comprendre ces porteurs de projet et voir comment fonctionnent leurs systèmes pour avoir un petit peu des données, pour analyser ces choses-là et du coup, dans la mesure du possible d’essayer de les accompagner. » (Extrait d’entretien, technicien de chambre d’agriculture, Rhône Alpes)

La considération de ces profils en reconversion implique une remise en question des méthodes de conseil et d’accompagnement pour coller aux aspirations individuelles et ce, indépendamment des logiques connues de transmission. Elle implique aussi de faire face à certaines situations auparavant impensables, notamment quand certain∙es candidat∙es se présentent avec une absence quasiment totale d’expérience dans le monde agricole[15].

Par l’existence même d’un panel large d’organisations soutenant l’entrée dans les métiers, il est dorénavant proposé une multitude de types de services de conseil, d’accompagnement ou de coaching/mentoring aux candidat∙es à l’installation. Rares sont celles qui sont reconnues par les pouvoirs publics et intégrées à l’action publique. En effet, tous les types d’accompagnement n’ont pas la même valeur aux yeux des pouvoirs publics qui financent les actions des acteurs traditionnels et de l’agriculture paysanne. Des acteurs, et en premier lieu les associations paysannes du réseau InPACT, soulignent les difficultés qu’ils rencontrent pour financer leurs accompagnements. Car non seulement ils ne sont toujours pas ou peu reconnus en tant qu’acteurs légitimes du programme d’accompagnement installation-transmission en agriculture (AITA) et aucune de leurs structures n’a été labellisée pour tenir les points accueil installation, mais aussi les enveloppes qu’ils mobilisaient et notamment du fonds social européen s’amenuisent.

« On a de supers outils, de supers méthodes, c’est super reconnu [auprès des porteurs de projet], mais voilà, il n’y a pas de sous » (extrait d’entretien, salarié ADEAR Rhône-Alpes)

Par ailleurs, et cela pose un problème de taille aux associations, les pratiques d’accompagnement, bien souvent, ne sont pas reconnues ni institutionnalisées au même titre que la formation.

Il semblerait que les évolutions ayant trait à l’exercice même du métier d’agriculteur et les représentations qui lui sont associées, avec notamment le passage prononcé du ou de la « chef∙fe d’exploitation » au ou à la « chef∙fe d’entreprise » aient des répercussions sur les modalités pratiques du soutien à l’entrée dans les métiers. Ces répercussions se traduisent notamment par l’accent mis sur l’importance du projet individuel au moment de l’installation (plan de professionnalisation personnalisé). De même, des formations continues affichant explicitement le caractère entrepreneurial de l’activité qu’elles ambitionnent d’offrir aux candidat∙es à l’installation ont vu le jour. C’est le cas notamment des formations Atterrir (portée par l’incubateur Matrice) et Tremplin (portée par HECTAR). Enfin, les espaces-tests agricoles, dont les concepts de couveuse et de pépinière d’entreprise sont directement inspirés de l’économie sociale et solidaire font mention de « l’entrepreneur à l’essai ». S’ils paraissent à première vue anodins, ces changements sémantiques et choix lexicaux ont des répercussions importantes sur les façons de concevoir et de mettre en place des accompagnements spécifiques.

Au-delà de la question de la définition de l’accompagnement, se pose aussi celle des dimensions de l’installation qu’il convient d’accompagner car rares sont les organisations qui proposent des accompagnements holistiques. L’accès au foncier, l’accès au financement, la mise en cohérence globale du projet avec des impératifs économiques, et à mettre en adéquation avec le temps de travail, sont autant d’aspects du projet d’installation qui peuvent être pris en compte dans les accompagnements. Les approches sont différentes en fonction des sensibilités ou des orientations politiques des organisations dans la défense de certains modèles (agriculture viable, vivable, transmissible, importance de l’investissement, agriculture paysanne, etc.). Si certaines mettent l’accent sur l’accompagnement dans la matérialité des pratiques relatives aux volets agronomique et gestionnaire, d’autres insistent sur les dimensions humaines et ce qu’implique une reconversion professionnelle vers l’agriculture dans les trajectoires de vie. Concrètement, si les professionnel∙les des organisations issues du monde agricole (chambres d’agriculture, ADEAR) insistent sur l’importante des mises en condition et de l’acquisition d’expérience par la réalisation de stages ou encore par le recours temporaire au salariat agricole, des acteurs nouvellement positionnés et ayant eu des expériences antérieures dans le monde de l’entrepreneuriat insistent sur la question du coaching et du mentoring. Ils proposent alors, dans le cadre de dispositifs ou dans le cadre de formation, des accompagnements « sur mesure ».

2.2. L’enjeu du financement : financer de l’accompagnement au-delà de la formation

Enfin, nous voudrions aborder un aspect important des évolutions causées par la plus forte considération des profils en reconversion professionnelle qui concerne une partie du financement de l’accompagnement à l’entrée dans les métiers. La profession agricole, en s’ouvrant à de nouveaux profils de candidat∙es à l’installation se voit bouleversée dans ses instances de régulation et d’encadrement. La prise en charge de ces profils par les voies de l’accompagnement ou de la formation[16] entraîne des changements importants dans les modalités de financement de l’un comme de l’autre. Il convient donc de s’intéresser à un financeur important de la formation professionnelle dans le secteur agricole : le fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant (VIVEA[17]). Créé en 2001 par et pour la profession agricole[18], ce fonds de formation dédié aux actifs et actives non-salariées agricoles finance des formations professionnelles tout au long de la carrière des chef∙fes d’exploitation. Depuis sa création, et ce fut un choix volontaire du conseil d’administration, il finance également des formations dédiées aux candidat∙es à l’installation même si ces dernier∙ères ne contribuent pas encore financièrement au fonds. En 2018, ces dépenses ont représenté environ 18% du budget total engagé par le fonds soit près de 10 millions d’euros. Depuis 2017, la direction du fonds a constaté la hausse du nombre de candidat∙es à l’installation bénéficiant de cette décision (environ 9000 par an), de même qu’une évolution dans les types de formations financées[19].

Or, les profils en reconversion professionnelle nécessitent un éventail de formations techniques plus large du fait qu’ils n’ont pas suivi de formation initiale agricole. Ce sont également des profils qui ont besoin d’un temps de formation dédié à la découverte des métiers. Selon le conseil d’administration de VIVEA, et il s’agit également d’un enjeu de politique publique pour l’ensemble des fonds de formation, se pose la question du financement de la formation continue par les branches professionnelles dont sont issues ces personnes. L’objectif recherché étant de ne pas faire peser le poids financier de telles reconversions sur le seul secteur agricole par le biais du fonds de formation auquel les chef∙fes d’exploitation cotisent[20]. De même, des rapprochements plus ou moins informels ont pu être tentés entre les dispositifs de retour dans l’emploi déployés par Pôle emploi et le secteur agricole. Ces rapprochements se sont multipliés depuis la réforme de la formation professionnelle et les réformes internes au fonctionnement de VIVEA qui ne finance plus aussi simplement l’ensemble des formations des candidat∙es à l’installation pour préserver ses finances. La période 2009-2017 a été marquée par un recours massif et croissant au fond de formation VIVEA pour financer ces formations destinées aux futurs agriculteurs et agricultrices et notamment celles et ceux en reconversion professionnelle. Le recours au VIVEA était considéré comme « automatique ». Cet automatisme va cesser de manière abrupte en 2018 à la suite d’une réforme interne au fonds de formation elle-même inscrite dans la continuité des lois de politique générale de la formation professionnelle en 2009[21] et 2014[22]. Un rapport produit conjointement par l’Inspection générale des affaires sociales et le CGAAER[23] a appuyé ces décisions (IGAS, CGAAER, 2015). Les changements d’orientation pris par VIVEA ont entraîné d’importantes répercussions sur les méthodes de travail des organismes de formation et d’accompagnement. Parmi l’ensemble des formations, le financement des formations à l’émergence de projet pour des personnes qui s’interrogent sur une possible reconversion vers les métiers de l’agriculture a été au centre des débats. En effet, les personnes qui se présentaient dans les points accueil installation pouvaient jusqu’en 2018 disposer d’une attestation leur ouvrant le droit de réaliser des formations prises en charge par VIVEA. Ces formations étaient proposées par l’ensemble des organisations citées précédemment.

De fait, depuis 2017, du fait de la diversification des profils et de leurs situations (demandeurs et demandeuses d’emploi, salarié∙es) et du désengagement du fonds de formation, les conseillers et conseillères installation sont tenues, pour répondre aux besoins des candidat∙es à l’installation, d’accroître leurs compétences en ingénierie financière de formation pour notamment mobiliser les ressources des comptes personnels de formation (CPF) des personnes qui se présentent à elles et eux. La formation à l’émergence de projet, pour laquelle il est difficile d’établir une frontière marquée avec de l’accompagnement à la définition d’un projet professionnel, a pris de l’ampleur notamment pour répondre aux exigences des nouveaux profils non issus du milieu agricole qui ont bien souvent une connaissance très partielle du milieu agricole et qui n’ont par ailleurs pas d’idée claire des activités qu’ils voudraient faire. Jusqu’aux dernières réformes le coût des transitions professionnelles vers l’agriculture était en majeure partie financé par VIVEA et donc par la profession agricole seule. C’est notamment parce que les personnes en reconversion professionnelle proviennent de parcours divers, et qu’elles ont pour beaucoup cotisé dans d’autres fonds de formation, qu’un des enjeux est de parvenir à mobiliser ces financements.

Se pose pour finir la question de savoir qui doit supporter les coûts des services d’accompagnement. Des tensions sont notables entre ce qui relève des missions de services publics et les initiatives privées qui s’imposent dans le champ institutionnel et organisationnel grâce à leur performance et leur rapidité d’adaptation puisque certaines ont déjà intégré la mobilisation des comptes personnels de formation. Une ligne de fracture se dessine. Alors que les chambres d’agriculture et les associations paysannes fonctionnent majoritairement avec des subventions et mettent l’accent sur les services d’intérêt général (et les missions de service public) qu’elles assurent, les nouveaux acteurs comme Eloi ou Fermes en Vie, en tant qu’entreprises, ont des exigences de rentabilité pour assurer leur pérennité et ont donc des visées lucratives. Elles n’hésitent donc pas à facturer leurs services directement aux candidat∙es à l’installation, ce que certaines associations ont plus de scrupules à faire dans un souci d’accessibilité pour les personnes disposant de peu de moyens financiers. On souligne ici, le risque d’une « privatisation » et d’une « marchandisation » accrues des services rendus aux personnes qui veulent s’installer en agriculture. En effet, des accompagnements et conseils qui étaient prévus dans le cadre d’une politique publique mentionnée comme prioritaire sont de plus en plus proposés dans le cadre d’une prestation privée.

Conclusion : action publique et recomposition des jeux d’acteurs autour de l’accompagnement

Alors que les premiers instruments publics de soutien et d’accompagnement à l’installation ont vu le jour dans les années 1960 dans un contexte d’apogée du modèle de l’exploitation familiale, on constate aujourd’hui des évolutions majeures dans les manières d’appréhender l’entrée dans le métier d’agriculteur ou d’agricultrice. Ces évolutions sont elles-mêmes étroitement liées aux changements induits par l’augmentation du nombre de la politique publique déjà existante candidat∙es à l’installation en reconversion professionnelle vers l’agriculture. Elles entraînent des répercussions tant sur les pratiques d’accompagnement que dans les dynamiques partenariales autour de l’entrée dans les métiers Désormais, le soutien et l’accompagnement à l’installation ne peuvent plus seulement être pensés dans le cadre d’une reprise d’exploitation. Les projets, de plus en plus individuels, de même que la diversification des profils (âge, sexe, trajectoire professionnelle antérieure, projet de vie), appellent un accompagnement personnalisé et une prise en charge différente des problématiques liées à l’installation. Ces nouveaux besoins, trop lentement pris en compte par les pouvoirs publics et les organisations auxquelles ils avaient délégué la mise en œuvre de la politique, couplés aux divergences de représentations quant au contenu des accompagnements et à la prise en compte des nouveaux profils ont été les déclencheurs de l’apparition d’une large offre de solutions et d’accompagnement.

Par une approche des enjeux autour des transitions professionnelles vers l’agriculture centrée sur les évolutions du public de personnes qui désirent s’installer en agriculture nous avons montré que ces nouveaux profils bouleversent les approches « classiques » du suivi et de l’accompagnement à la création d’activité. De nouvelles initiatives volontaires viennent « bousculer » les politiques publiques déjà existantes et les jeux d’acteurs en place. Si les organisations professionnelles agricoles ont pu avoir du mal à s’adapter à l’hétérogénéisation des profils de repreneurs et repreneuses (qui étaient auparavant de jeunes hommes ambitionnant une reprise familiale), l’attention portée à ces nouveaux profils est au cœur des nouvelles initiatives qui se positionnent sur le marché. L’émergence de nouveaux acteurs et l’importation de nouvelles cultures professionnelles apportent des changements dans les conceptions et pratiques de l’accompagnement. Un point doit cependant alerter. C’est celui des difficultés que les organisations et associations historiquement positionnées rencontrent pour financer l’accompagnement et qui peuvent conduire les organisations à se soucier de leur pérennité avant l’intérêt des candidat∙es à l’installation. L’hostilité historique que les organisations se portent entre elles et la « chasse au porteur ou à la porteuse de projet » qui découle des faibles moyens financiers de certains, peuvent nuire à une offre d’accompagnement optimale et peut brouiller la lecture du paysage par les candidat∙es à l’installation. Dans ce contexte, les pouvoirs publics s’interrogent sur le rôle de coordinateur qu’ils pourraient avoir : repenser la place de l’accompagnement dans les parcours tout autant que les pratiques des professionnel∙les devient urgent.

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  1. Toulouse INP- ENSAT.
  2. Association de développement de l’emploi agricole et rural.
  3. Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural.
  4. Notamment des réunions de préparation des comités régionaux Installation-Transmission, des accueils collectifs de candidat∙es à l’installation, des journées de rencontres multi partenariales dans le cadre des mobilisations collectives pour le développement rural financées par le Réseau rural ou des groupes de travaux propres au syndicat des Jeunes Agriculteurs. L’ensemble des entretiens et observations a été réalisé entre 2018 et 2021.
  5. On compte parmi les dimensions économiques celle de créer sa propre entreprise, ou celle d’être pluriactif ou diversifié avec des activités de transformation et accueil à la ferme par exemple.
  6. On sous-entend ici des pratiques relevant davantage de l’agroécologie ou de l’agriculture biologique.
  7. La question de l’implication des pouvoirs publics dans l’installation en agriculture peut être datée des lois de modernisation de 1960 et 1962 portées par Edgar Pisani.
  8. Cette particularité est historique, en effet, l’ancêtre des Points accueil installation, les Points info installation sont une initiative du syndicat des Jeunes agriculteurs.
  9. Jeunes agriculteurs – Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles.
  10. Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale. Les ADEAR, les CIVAM et Terre de Liens, pour citer les principales associations qui s’impliquent dans le soutien à l’installation sont membres d’InPACT. Le pôle est affilié à la gauche paysanne.
  11. Réseau national des espaces-test agricoles.
  12. Une des réformes les plus significative a eu lieu en 2009 avec l’instauration des Centres d’élaboration des projets professionnels personnalisés.
  13. Par exemple, le réseau des chambres d’agriculture propose à ses conseillers et conseillères une formation relative aux « profils atypiques ».
  14. Entre autres, la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel.
  15. En tant que salarié, stagiaire ou woofer.
  16. En théorie, pour le fonds de formation VIVEA, la formation est à distinguer strictement de l’accompagnement en ce qu’elle doit apporter des connaissances et compétences remobilisables. Sur le terrain, dans les pratiques, la frontière est assez floue du fait qu’il soit plus aisé de faire financer de la formation que de l’accompagnement par les organismes publics.
  17. Environ 60 millions d’euros par an.
  18. Son conseil d’administration comprend des représentant∙es de tous les syndicats agricoles, de l’assemblée permanente des chambres d’agriculture et de la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA).
  19. « On a des nouveaux besoins de formation technique qui sont liés à la fois à la diversification des profils, des gens qui ne viennent pas du monde agricole et qui n’ont pas de formation de base mais aussi à l’évolution des projets, c’est à dire que l’on a aujourd’hui des projets moins monolithes […] puis on a une autre catégorie d’action que nous on qualifie d’émergence et là ce sont des gens qui ne sont pas trop au clair sur leur projet professionnel, alors vous allez avoir une diversité de profils qui souhaitent s’installer en agriculture et finalement ils ne savent pas bien ce que sont les métiers agricoles, leur projet n’est pas forcément réaliste, ils ont une vague idée » (extrait d’entretien, direction VIVEA, 2018).
  20. « Est-ce que c’est à nous de financer des formations de base et l’émergence de projet sachant que là il y a d’autres dispositifs de type bilan de compétence » (extrait d’entretien, direction VIVEA, 2018).
  21. Loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie.
  22. Loi du 5 mars 2014.
  23. Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.


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