L’étude des jeunes a été nourrie par des débats intéressants au cours des dernières décennies sur la manière de les approcher des sciences sociales et humaines. Bien que ces débats soient en cours, il existe actuellement un consensus relatif pour les problématiser, en tenant compte de son hétérogénéité et de sa diversité, non seulement en termes de définition, mais aussi dans la manière dont ils opèrent dans de différentes sphères de la vie quotidienne. Pour cela, il devient de plus en plus nécessaire de se concentrer sur les façons dont les jeunes parcourent leurs itinéraires de vie, à travers leurs propres sens et intérêts.
De cette façon, la triade jeunesses-travail-éducation a commencé à devenir plus complexe, étant donné que les transits des jeunes entre une sphère et autre ne présentent plus la linéarité qui existait il y a plusieurs décennies, mais plutôt que la fragmentation des parcours et aussi l’évolution des relations commencent à être évidentes : en existant complémentarité et chevauchements. À partir de là, les expectatives des jeunes sur ces domaines deviennent également complexes, étant un terrain fertile d’analyse l’étude de leurs plans de vie futurs.
Pour ce faire, il est nécessaire de comprendre le contexte dans lequel les jeunes évoluent car, à partir de lui, il est possible de comprendre comment ils interprètent leurs expériences et leur fournissent des significations spécifiques sur lesquelles ils définissent non seulement leur transit actuel mais aussi leurs attentes pour l’avenir.
Dans ce contexte, cette recherche vise à contribuer aux études des jeunes en comprenant comment les jeunes issus de familles horticoles définissent leurs projets de vie en lien avec l’éducation et le travail, notamment ceux de la ceinture horticole de la Parti du Général Pueyrredon (province de Buenos Aires).
Afin de comprendre les plans de vie, les conceptualisations réalisées par la phénoménologie sociale sont reprises parce qu’elles permettent de l’approcher de sa complexité : en considérant les sédimentations de leurs expériences pour les conformer et les réaliser, mais aussi afficher des projections intermédiaires et alternatives et laisser de côté les autres qui sont tronquées. Et surtout parce qu’elle permet de comprendre cette conformation à partir d’un caractère situé socio-historique et culturellement. En particulier, il devient intéressant de se concentrer sur les cas de jeunes de contextes en transformation constante, comme les espaces ruraux et périurbains.
Il est avancé à titre préliminaire que les jeunes définiraient leurs projets de vie en tenant compte de ce contexte et des sédimentations faites de leurs expériences de travail et éducatives, principalement celles liées à l’horticulture et aux activités qui en découlent (marketing et transport).
Sur la base d’une approche qualitative, ce travail cherche à reconstruire les histoires de vie de dix-huit jeunes de familles dédiées à l’horticulture. Pour ce faire, des entretiens approfondis ont été menés entre 2017 et 2019. Ainsi, il sera recherché à se plonger dans les sédimentations qu’ils font de leurs expériences de travail et éducatives pour après interpréter comment ils sont présents dans leurs plans de vie, en cherchant à mettre en évidence le lieu de l’horticulture en eux. De cette façon, cette démarche visera à comprendre comment leurs plans de vie sont déterminés.







