Introduction

“Plus de lumière!”

– Goethe, 1832.

Que les femmes aient le droit de voter nous semble, de nos jours, une évidence. Or, tel n’était pas le cas il y a un siècle. Le suffrage féminin, ainsi que le mouvement féministe ayant contribué à l’obtenir, sont une nouveauté du 20e siècle et ils possèdent leur histoire propre. C’est cette histoire que je propose de raconter dans ce mémoire de Master en me plaçant dans une aire géographique et un temps bien précis: la Bolivie de 1920 à 1952.

Ce projet a débuté il y a deux ans, en 2009, lorsque je me suis mise à la recherche d’une bibliographie et de sources en lien avec ce que j’avais à l’époque vaguement défini comme « les femmes et le vote en Bolivie ». Après un séjour dans ce pays durant l’été 2009, qui m’a permis de constituer une première bibliographie et un premier corpus de sources, j’ai entamé une année de Master 1 au cours de laquelle j’ai pu affiner le sujet et le définir plus clairement. C’est ainsi que le titre du mémoire est devenu « Mouvement féministe et droit de vote en Bolivie, 1920-1952 ». Cette avancée quant à la précision du sujet est allée de pair avec tout un travail de recherche historiographique par rapport à ce qui avait été fait au sujet de l’histoire des élections, de la citoyenneté, de l’histoire des femmes, et plus spécialement de l’histoire des femmes en Bolivie. Ce travail, conjugué à un dépouillement et à une première analyse des sources, a abouti à la réalisation du mémoire de Master 1 que j’ai soutenu à la fin du mois de juin 2010[1]. Un deuxième séjour en Bolivie durant l’été de cette même année m’a permis de compléter et d’enrichir le corpus de sources dont je disposais déjà, ainsi que d’ajouter de nouveaux éléments bibliographiques sur l’histoire des femmes en Bolivie. L’analyse de ces sources s’est avérée être d’une très grande richesse et d’un immense intérêt historique dont le résultat est ce présent mémoire de Master 2.

Le corpus de sources dont on dispose est assez divers. Il est composé de lois, de décrets de loi, de textes des Constitutions de 1880, 1938 et 1945, et d’études sur la condition juridique des femmes permettant de connaître en détail les dispositions établies par l’État Bolivien de 1920 à 1952 concernant, directement ou indirectement, les femmes. L’on dispose également de débats parlementaires sur le divorce absolu en 1932 et 1944, ainsi que sur le suffrage féminin dans les Conventions de 1938 et 1945 qui précisent l’avis des hommes politiques de l’époque sur ces questions. Les articles de presse que nous avons trouvé sont également une source riche en informations. Grâce à eux, l’on peut connaître l’opinion publique sur divers événements tels que la promulgation de la loi sur le divorce absolu, les débats parlementaires qui discutent du suffrage féminin, les premières élections auxquelles ont participé les femmes, les actions des organisations féministes, etc. Par ailleurs, les revues féministes publiées par les diverses organisations féministes sont une source précieuse pour connaître en profondeur la structure et organisation des associations féministes, leurs actions, activités, leurs réflexions sur le féminisme, sur la condition des femmes, leurs revendications, les membres qui les composaient, les réseaux féministes auxquels elles appartenaient, etc. En outre, les entretiens vidéo de certaines féministes réalisés à la fin des années 1980, ainsi que les entretiens que j’ai effectués avec les membres de leurs familles nous renseignent en détail sur la vie de ces femmes, leurs pensées, ou leurs actions, et sont illustrés par diverses anecdotes. Enfin, quelques livres publiés par les féministes complètent toutes ces informations, et précisent notamment les organisations auxquelles elles appartenaient et certains détails de la dimension subjective de leurs expériences.

Les Boliviennes ont obtenu le droit de vote en 1952 dans le cadre d’une révolution qui mit fin à un régime de gouvernement oligarchique qui était en place depuis la fin du 19e siècle. Ce fut la « Révolution Nationale » dirigée par le « Mouvement Nationaliste Révolutionnaire » (MNR) qui éclata le 9 avril 1952 et qui constitue un des moments historiques les plus importants de l’histoire de ce pays. Cette révolution trouve ses racines dans la Guerre du Chaco (1932-1935) qui fut un bouleversement majeur en Bolivie, tant du point de vue politique que social et culturel puisqu’elle déclencha le début de l’écroulement du régime oligarchique qui fut finalement détruit en 1952[2]. Cependant, cette révolution fut aussi l’effet direct d’un événement qui eut lieu un an auparavant: le non respect du résultat des élections présidentielles que le MNR avait gagnées démocratiquement en mai 1951. Sous prétexte que ce résultat constituait un danger pour le pays, car le MNR était suspecté d’être affilié au Parti Communiste de la Bolivie, Mamerto Urriolagoitia réalisa un « auto-coup » d’Etat, qui fut plus tard qualifié de « Mamertazo », renonçant ainsi à la présidence, il transféra illégalement la charge au chef de l’État Major, qui, à son tour, nomma Hugo Ballivián comme président. Le nouveau gouvernement annula les élections et mit le MNR hors la loi. Dès lors, ce dernier n’avait qu’une voie possible pour accéder au pouvoir: la révolution. Peu de temps après son arrivée à la tête de l’État, le MNR mit en place des réformes d’une importance considérable pour la Bolivie: la réforme agraire, la nationalisation des mines, et le suffrage universel. Ainsi, c’est à travers cette dernière réforme, par un décret-loi en date du 21 juillet 1952, que les femmes boliviennes acquirent le droit de vote, en même temps que la plus grande partie de la population. En effet, depuis 1839, le type de suffrage existant en Bolivie avait été: direct, masculin, censitaire et restreint à ceux qui étaient alphabétisés. Par conséquent, une infime partie de la population pouvait participer aux comices: pour les élections de 1951, sur une population de 3.019.031 d’habitants, seuls 204.649 électeurs étaient inscrits pour voter, c’est-à-dire, 6.78% de la population[3].

Les premières questions que je me suis posées lorsque j’ai abordé pour la première fois la problématisation du sujet « mouvement féministe et droit de vote en Bolivie » étaient: l’octroi du droit de vote pour les femmes en Bolivie avait-il été le résultat d’un processus évolutif ? Ou avait-il été décidé par la classe politique sans que les femmes l’aient vraiment demandé, et sans qu’il y ait eu de débat préalable dans la société ? Il s’agissait en effet de savoir si le mouvement féministe avait joué un rôle prépondérant dans l’instauration d’un débat au sein de la société sur la question du suffrage féminin et préparé un contexte favorable dans les sphères politique et sociale pour que la réforme soit mise en place. En d’autres termes, la question était de savoir si cette réforme avait été décidée « d’en haut » sans débat préalable et si elle avait été reçue avec une certaine indifférence de la part de la population, notamment des femmes. Ces questions me paraissaient d’autant plus pertinentes que les femmes ont obtenu le droit de vote dans le cadre d’une révolution et par un décret de loi, c’est-à-dire sans débat au sein du Parlement, et dans le contexte d’une réforme concernant d’autres secteurs de la population, puisqu’il s’agissait de la proclamation du suffrage universel.

Or, par la suite, je me suis rendue compte que poser ces questions, et plus particulièrement la première, revenait à partir d’un postulat téléologique, évolutif: c’était se demander s’il y avait eu ou non une évolution dans le temps ayant permis aux femmes de créer un débat au sein de la société et de faire pression sur le gouvernement afin qu’il leur accorde le droit de vote ; c’était partir d’un point (le surgissement du mouvement féministe) pour arriver à un résultat en ligne droite (l’octroi du droit de vote). Or, c’est en analysant les sources que je me suis aperçue que le mouvement féministe, tout au moins en Bolivie, ne peut pas être compris de manière téléologique ni évolutive ; il ne s’agit pas d’une histoire linéaire. En effet, comme l’affirme Michelle Perrot: « Le féminisme agit par poussées, par vagues. C’est un mouvement intermittent, syncopé, mais résurgent, parce qu’il ne s’appuie pas sur des organisations stables capables de le capitaliser (…) Il s’appuie sur des personnalités, des regroupements éphémères, des associations fragiles. »[4] L’histoire du mouvement féministe en Bolivie est strictement liée au contexte politique et social dans lequel il s’est développé: ses succès, ses défaites et voire la priorité donnée à certaines de ses revendications, sont en rapport avec ce qui se passait dans les sphères politique et sociale du pays.

La période qui nous occupe est très longue, marquée par des contextes politiques très différents qui constituent autant de « sous – périodes ». La longueur de la période a constitué une difficulté majeure, non pas tant dans la problématisation du sujet que dans le domaine pratique de réalisation du mémoire, puisqu’il fallait trouver des sources pour chaque décennie (1920, 1930, 1940, début des années 1950). Cela représentait un travail colossal pour une recherche de Master, notamment concernant l’analyse et le dépouillement d’un corpus très vaste de sources correspondant à des périodes différentes qui se devaient d’être comprises, traités et examinées différemment les unes par rapport aux autres. Cependant, la période choisie se justifie pleinement, car le surgissement de ce que l’on qualifie de « mouvement féministe » a eu lieu dans les années 1920 et le droit de vote a été accordé aux femmes en 1952. Même s’il n’y a pas d’histoire linéaire entre ces deux événements, il existe une logique difficile à briser entre le mouvement féministe et l’acquisition du droit de vote qui constitue un des objectifs essentiels de ce mouvement (bien qu’il ne fût pas le seul comme on le verra plus tard). Ainsi, cette logique relève non pas d’une relation de cause à effet (action féministe donc suffrage féminin) qui impliquerait une histoire linéaire, mais de la définition même de « mouvement féministe » qui conduit à traiter ses propres objectifs, et notamment le droit de vote.

Ceci nous oblige à poser la question de la définition même de « féminisme » et de « mouvement féministe ». Définir le féminisme n’est pas une question évidente. Ce concept a fait et continue de faire polémique au sein de la société, et parmi les militantes, mais également au sein de la communauté des historiens qui travaillent sur l’histoire des femmes et du féminisme. Comme l’affirme Sylvie Chaperon dans L’Histoire sans les femmes est-elle possible ?: « Définir le féminisme est un acte politique, il s’agit de dire sa position politique et bien souvent dans le même mouvement d’affirmer que c’est la meilleure qui soit. Définir le féminisme n’est pas neutre, il s’agit souvent de désigner le “vrai” ou le “bon” féminisme, ou encore le seul qui vaille ».[5]Étant donné que le féminisme est un objet historique et qu’il ne peut être défini que par rapport au contexte spatial et temporel où il prend place et se développe, la définition du féminisme dont se réclamaient les féministes boliviennes fera l’objet d’analyses spécifiques dans chacune des « sous-périodes », consacrées à essayer de le cerner, de le définir et de le comprendre dans ses changements et ses continuités tout au long de la période sous un angle entièrement historique. On verra comment la définition du féminisme que proclamaient les féministes boliviennes change en fonction du contexte politique et social, tout comme ses stratégies d’action y compris la priorité donnée à certain de ses objectifs. Suivant l’idée que « prédéfinir le féminisme, c’est peut-être s’interdire d’étudier les étapes qui y mènent, ou les modifications qui affectent son sens »[6], dans cette introduction on se limitera seulement à définir ce que l’on qualifie de « mouvement féministe » et de le distinguer de « féminisme ». La définition du féminisme dont se réclamaient les féministes boliviennes sera dévoilée tout au long de l’analyse.

Le féminisme concerne l’idéologie, la théorie avec des concepts et des principes fondateurs, les dimensions littéraire, philosophique, éthique et politique de ce qui peut s’exprimer comme une affirmation tant individuelle et marginale que collective. Le « mouvement féministe » fait appel à une affirmation collective, et par conséquent à une action collective d’une plus ou moins grande ampleur. Qui dit action collective dit organisation collective formée de plusieurs acteurs individuels, ou collectifs, groupés et organisés autour de principes fondateurs (dans ce cas, le féminisme qu’ils revendiquent), mais aussi autour d’objectifs concrets à atteindre pour lesquels ils créent des stratégies d’action collective. Comme l’exprime Florence Rochefort dans L’Histoire sans les femmes est-elle possible ?: « Un des enjeux méthodologiques importants de l’histoire du féminisme est justement d’opérer des distinctions et de montrer le passage d’une idée marginale portée par quelques individus à la constitution d’une mobilisation collective. Il est ainsi important de distinguer le « féminisme » du « mouvement féministe », l’analyse des concepts fondateurs et celle d’une organisation collective, pour faire apparaître la dimension philosophique, éthique, littéraire, politique du féminisme d’une part, et son corpus de revendications d’autre part, dont peuvent s’emparer d’autres acteurs sociaux. »[7] De sorte que l’objet de ce travail ce sont les organisations collectives de femmes qui se disent féministes et qui en fonction des principes fondateurs du féminisme qu’elles proclament et autour duquel elles se réunissent, se mobilisent et organisent des actions diverses afin d’atteindre plusieurs de leurs objectifs, dont le suffrage féminin. Ces organisations collectives de femmes seront étudiées dans les différentes décennies (1920, 1930, 1940). Les premières d’entre elles ont surgi dans les années 1920, et plusieurs d’entre elles ont disparu dans les années 1930 et 1940, tandis que d’autres sont apparues à cette époque, notamment dans les années 1930. Une seule de ces organisations a subsisté tout au long de la période étudiée, c’est-à-dire de 1920 à 1952. Dans ce cas, s’il existait plusieurs organisations avec des durées de vie différentes, pourquoi parler de « mouvement féministe » au singulier et pas de « mouvements féministes » au pluriel ? Parler de « mouvements féministes » signifierait qu’il y a eu différentes mobilisations dans le temps (ce qui est bien le cas) menées par des organisations qui se distinguaient par le type de féminisme dont elles se réclamaient, autrement dit, leurs concepts et principes fondateurs pour se mobiliser seraient différents, et par conséquent, leurs objectifs seraient distincts (ce qui n’est pas le cas). Cela pourrait impliquer l’existence de plusieurs générations de féministes qui se sont succédé dans le temps, revendiquant un féminisme différent de l’une à l’autre, les nouvelles générations s’opposant aux précédentes par exemple. Cela pourrait tout aussi bien impliquer des organisations proclamant un féminisme très différent s’opposant par exclusion, sans aucun type de liens de coopération entre elles ; il pourrait même y avoir un certain degré de concurrence, ce qui n’a pas été du tout le cas en Bolivie. Même si le féminisme dont se réclamaient ces organisations n’était pas le même tout au long de la période, et s’il a connu des changements en relation avec les stratégies d’action et les priorités donnée à certains objectifs en fonction du contexte social et politique dans lequel il s’est développé, il existait une certaine unité et une certaine homogénéité entre toutes ces organisations, notamment par le fait que les femmes qui les composaient et les recomposaient étaient toujours les mêmes. Certes, des femmes nouvelles sont apparues, surtout dans les années 1930, mais elles travaillaient avec des femmes qui appartenaient aux premières organisations féministes des années 1920. Les objectifs de base, à savoir l’amélioration de l’éducation des femmes, ainsi que l’obtention des droits civils et politiques, sont toujours restés les mêmes tout au long de la période concernée, même si les organisations ont adopté des stratégies différentes en fonction des périodes pour les atteindre. Les différentes générations de féministes ne se sont donc pas opposées; bien au contraire, les nouvelles organisations étaient toujours composées de femmes provenant d’anciennes organisations. On constate alors des liens étroits dans le temps et dans l’espace entre toutes ces générations. Ainsi, il n’y avait pas de concurrence entre ces femmes, puisqu’elles reconnaissaient que les objectifs de base des différentes organisations auxquelles elles appartenaient restaient les mêmes. Elles essayaient de coopérer entre elles en vue de créer une mobilisation collective. A cette unité et homogénéité contribue non seulement le fait que ces femmes sont presque toujours les mêmes, mais aussi le fait qu’elles appartiennent toutes aux classes moyennes et élevées de la société et qu’elles partagent les mêmes conceptions sur le rôle des femmes dans la société et sur ce dont les femmes ont besoin. En revanche, de grandes divergences se manifestaient entre elles et les femmes des classes populaires qui ne se considéraient pas comme des féministes. Ces deux groupes de femmes n’ont jamais pu s’unir véritablement, comme on le verra plus tard, en raison de leurs conceptions très différentes à propos des nécessités et du rôle des femmes dans la société. Il s’agissait donc d’un mouvement féministe qui possédait une certaine unité et une certaine homogénéité dans le temps et dans l’espace, justifiant ainsi la qualification au singulier du mouvement féministe.

L’objectif de ce travail de recherche est de connaître et d’analyser les organisations féministes en Bolivie entre 1920 et 1952, c’est-à-dire depuis leur apparition jusqu’à l’obtention du droit de vote, afin de comprendre comment leurs modes d’organisation, leurs stratégies d’action, et la priorité donnée à certains objectifs se sont modifiés en fonction du contexte social et politique dans lequel ils se sont développées. Dans ce sens, trois périodes distinctes, dotées chacune d’une certaine unité, ont été identifiées pour analyser les différents moments dans lesquels a pris place  le « mouvement féministe » en Bolivie: les années 1920 marquées par le surgissement et le développement des organisations féministes ; les années 1930 marquées par la Guerre du Chaco, ayant entraîné des bouleversements sociaux, politiques et culturels et par conséquent des changements considérables concernant la condition des femmes et les mentalités, mutations que les organisations féministes prirent en compte dans leurs stratégies d’action et la priorité donnée à leurs objectifs ; les années 1940, plus particulièrement jusqu’en 1952, marquées par l’obtention de quelques concessions de la part des hommes politiques, notamment le droit de vote pour les femmes qui savaient lire et écrire dans le cadre des élections municipales, et par conséquent la première participation des femmes à la vie politique. Il s’agira concrètement d’analyser et de connaître, dans chaque décennie (1920, 1930 1940), quelles étaient ces organisations féministes. Qui étaient leurs membres? Quels types de relations (sociales, familiales) existait-il entre les féministes et les hommes politiques de l’époque ? Quels liens entretenaient-elles entre elles ? Dans ce sens, il s’agira de voir quelles étaient leurs actions et leurs stratégies pour atteindre leurs objectifs (dont le suffrage féminin  était un des plus importants). Quel était le type de féminisme dont ces organisations féministes se réclamaient ? Quel lien entretenaient-elles avec le féminisme international et quelle était leur position par rapport à celui-ci ? Il s’agira également de tenter de cerner tout au long de la période les principes fondateurs du féminisme que revendiquaient ces organisations pour essayer d’en donner une définition, en prenant en compte les changements qui se sont produits par rapport aux stratégies d’action et à la priorité donnée à certains de leurs objectifs. Quelles étaient leurs demandes concrètes et leurs projets en fonction du contexte social et politique dans lequel elles se développaient ? De la même manière, on étudiera, pour chaque décennie la réception des organisations féministes au sein de la société et de la sphère politique. Les hommes politiques prirent-ils en compte leurs revendications lorsqu’ils débattaient sur les droits civils et politiques des femmes ?

L’analyse pour répondre à ces questions suivra les trois moments qu’on a déjà identifiés pour étudier le « mouvement féministe en Bolivie ». Ainsi, la première partie sera consacrée à la naissance et au développement du mouvement féministe en Bolivie dans la décennie des années 1920. La deuxième partie abordera l’impact de la guerre du Chaco sur la société bolivienne et sur la vie des femmes, ainsi que sur le féminisme qui prit en compte ces changements sociaux, politiques et culturels pour s’y adapter (années 1930). Enfin, la troisième partie analysera l’obtention du suffrage féminin pour les élections municipales limité à celles qui savaient lire et écrire, et le rôle joué par les femmes au sein du MNR avant la Révolution et l’obtention du suffrage universel (1940-1952).


  1. ALVAREZ Maria Elvira, Mouvement féministe et droit de vote en Bolivie (1920-1952), mémoire de master 1 d’Histoire réalisé sous la direction de Annick Lempérière, Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne, Paris, juin 2010.
  2. KLEIN, Herbert S., Orígenes de la revolución nacional boliviana. La crisis de la generación del Chaco, Librería Editorial G.U.M., La Paz, (n.d.).
  3. LEAÑO ROMÁN Eduardo, Sistemas electorales en Boliva. La Conversión de votos del Ejecutivo y Legislativo, Unidad de Análisis e Investigación del Area de Educación Ciudadana de la Corte Nacional Electoral, Corte Nacional Electoral, La Paz, Bolivia, 1ère édition février 2005, p. 37.
  4. PERROT Michelle, Mon histoire des femmes, Editions du Seuil, 2006, p. 212.
  5. CHAPERON Sylvie, “1945-1970, Reprendre l’Histoire du Féminisme”, in SOHN Anne-Marie et THÉLAMON Françoise (sous la direction de), L’Histoire sans les femmes est-elle possible?, Perrin, 1997.
  6. Idem.
  7. ROCHEFORT Florence, “Réflexions à propos de l’histoire du féminisme”, dans SOHN Anne-Marie et THÉLAMON Françoise (sous la direction de), L’Histoire sans les femmes est-elle possible?, Perrin, 1997.


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