Danielle Cliche, Secrétaire de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

Hôtel de Ville, Montréal, 27 mai 2015

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers participants,

Je suis très heureuse de pouvoir adresser un message de soutien et de félicitations aux organisateurs de cette cérémonie, organisée par la Ville de Montréal à l’occasion des célébrations du 10e anniversaire de la Convention de 2005.

La tenue de cette cérémonie à Montréal n’est pas anodine. Les symboles ont leur importance, et chacun sait le rôle décisif joué par de très nombreux acteurs politiques du Canada, aux niveaux national, provincial et municipal, dans le processus préparatoire qui a amené à l’adoption de cette Convention. Je voudrais donc saluer tous les acteurs qui ont été engagés, et le sont encore souvent, dans ce processus historique.

Plus encore, chacun se souvient de l’élan formidable porté par la société civile pour promouvoir les idées et principes de la Convention. La Coalition pour la diversité des expressions culturelles au Canada a joué là aussi un rôle décisif et je voudrais remercier les acteurs de la Coalition qui sont présents ce soir, autant ceux de la première heure que ceux qui continuent d’en faire partie.

Aujourd’hui, la Convention est ratifiée par 139 Parties, y compris l’Union européenne. C’est un très grand succès dont nous pouvons être fiers. Les idées qui sont à l’origine même de la Convention continuent de nous mobiliser, je pense notamment aux enjeux d’une circulation plus équilibrée des biens et services culturels, en particulier pour tous les créateurs qui aspirent à vivre de leur art d’une façon pérenne.

La Convention est un instrument de droit qui s’est progressivement mis en œuvre dans les faits : adoption de directives opérationnelles, soutien accordé à 78 projets dans 48 pays par le Fonds international pour la diversité culturelle, soumission de 71 rapports périodiques quadriennaux, intégration des principes de la Convention dans la finalisation de nombreux accords, multilatéraux ou bilatéraux, sur le commerce. Mais il reste encore beaucoup à faire pour que les engagements pris par les États signataires de la Convention se réalisent pleinement :

  • Pour inscrire la culture au cœur des stratégies de développement durable ;
  • Pour renforcer les politiques de soutien aux industries culturelles dans les pays en développement ;
  • Pour accorder un accès préférentiel par les artistes du Sud et leurs œuvres aux marchés du Nord ;
  • Pour mieux reconnaitre le statut de l’artiste et le droit d’auteur, ainsi que la liberté de création artistique ;
  • Pour faire reconnaitre le rôle de la société civile dans la gouvernance des politiques culturelles.

La Convention est également un instrument vivant, qui s’adapte aux défis émergents de ce nouveau millénaire : je pense par exemple aux nouveaux débats sur l’impact du numérique sur la promotion de la diversité des expressions culturelles. Il en sera beaucoup question à l’avenir, car le numérique est à la fois une source de grands défis, mais aussi d’occasions à saisir.

Aujourd’hui, nous pouvons être confiants : alors que les signataires de la Convention se réunissent en Conférence des Parties pour la 5e fois dans quelques semaines, la Convention est un instrument qui est au cœur des préoccupations de la communauté internationale.

Les discussions qui sont débattues — rôle de la société civile, relations entre culture et commerce, impact du numérique, diversité des médias — illustrent bien l’actualité de la Convention.

Au-delà, cette Convention ne vit que par l’engagement et la bonne volonté de chacun. De nouvelles voix doivent être entendues, et les Coalitions existantes doivent continuer à se consolider, à mobiliser, et à s’adresser aux jeunes. Au Canada et ailleurs, au Nord comme au Sud, nous devons être à l’écoute des représentants des professionnels de la culture sans lesquels l’idéal de diversité des expressions culturelles ne saurait se réaliser pleinement.

Cet anniversaire est l’occasion de tourner nos regards vers l’avenir, et forger de nouvelles alliances entre décideurs politiques et acteurs de la société civile.

Le Canada et le Québec offrent un exemple encourageant de la vitalité des actions et des débats en cours. C’est ce message d’espoir que je voulais partager avec vous, et vous remercier de l’enthousiasme qui vous porte ce soir.

Je vous souhaite une excellente soirée et vous remercie de votre attention.



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